Archives Mensuelles: avril 2012

Textotage amoureux

Rue89 consacre un article aux SMS en matière de séduction, sujet assez original même si le SMS fait désormais partie intégrante de tout rendez-vous galant ! http://www.rue89.com/rue69/2011/12/03/drague-combien-de-minutes-heures-jours-avant-le-premier-sms-227150

Un extrait :

Les hommes interrogés disent que c’est un truc typiquement féminin de « brainstormer » sur le contenu des textos. Mais cela n’est sûrement pas vrai. Rofold, riverain français vivant à New York, au sujet du texto :

« Ecrire un texto, c’est passer une heure à hésiter entre mille tournures marrantes ou désinvoltes, pour finir par écrire : “Hey ! un café un de ces 4 ?” Et le regretter juste après.

Dans le pire des cas, on se réveille le lendemain matin avec un “dsl, t ki ? g pa ton num dan mon tel” qui donne envie de rester au lit. »

Le brainstorming ou remue-méninges s’avère en effet déplorable en matière de séduction : cette technique sous-tend une image de soi non naturelle. Qu’importe la double contrainte, « soyez spontanés » est l’adage paradoxal commun à tout guide de séduction qui se respecte !

Les oiseaux draguent avec des fleurs

En matière de séduction, l’homme n’est pas le seul à tirer avantage des fleurs. Une étude montre ainsi que les oiseaux s’improvisent horticulteurs pour séduire les femelles. Plus de détails ici : lien.

Pauvre DSK…

J’ai envie de m’insurger contre la justice injuste ! Car Monsieur Strauss-Kahn m’inspire sinon la pitié, la sympathie : à propos de l’anniversaire de Julien Dray, j’entends aux informations Ségolène Royal expliquant avoir tourné les talons en raison de la présence de DSK. « Au nom du droit des femmes », précise-t-elle. Pour être passé par la justice (dans des circonstances différentes), je suis bien placé pour vous dire que la justice dysfonctionne : elle nomme faits les allégations et victimes les plaignants, à tel point qu’on est souvent cuit avant que le four ait été allumé. Bientôt la présomption d’innocence sera un délice de Capoue, et les suspects seront les coupables (même si l’argent peut arranger les choses : on pense aux dignes avocats Benjamin Brafman et Kenneth Thompson !). Toujours est-il qu’on évoque DSK comme un pestiféré, oubliant qu’il n’a jamais été condamné pour viol, mais que l’affaire du Sofitel a fait l’objet d’un non-lieu, et que l’affaire du Carlton est en cours d’instruction… Quand bien-même DSK reconnu serait coupable, les mytho-nympho, ça existe : Alexandra Paressant, Zahia Dehar en sont l’archétype, et les affaires d’escort-girls déferlent régulièrement la chronique. Je ne préjuge pas que Nafissatou Diallo soit mythomane ou nymphomane – loin de là : le fait que DSK soit un bon-vivant est un secret de Polichinelle – je déplore seulement que la justice se complaise à détériorer l’image de certaines gens, au point de ruiner parfois leur vie. Je pense à l’affaire Caroline Nolibé, où la justice s’est acharnée à vilipender un père innocent. Qu’importent les excuses publiques une fois qu’on a calomnié… Le droit des femmes est une chose honorable, mais ce micmac holywoodien en est une autre : DSK avec les menottes devant les caméras du monde entier relève du perp walk, lynchage médiatique à l’américaine où la police fait parader un suspect (on a d’ailleurs demandé aux journalistes : « C’est bon, toutes les télés sont prêtes ? »). Paradoxalement, si les Américains se veulent défenseurs des droits de la femme, ils n’ont fait que montrer une chose : quand on du fric, on s’en sort. Quelque soient les faits commis ou non par DSK, cette affaire jette l’opprobre sur la justice. Et j’ai du mal à croire qu’un homme de cette envergure financière n’ait pu se payer une pute plus belle, quant à un viol pour l’ex-président du FMI, cela me paraît peu probable pour un haut dignitaire d’une instance mondiale. N’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : bien sûr que les canons de beauté ne sont pas les seules à êtres violées (loin de là), et bien sûr aussi qu’en dépit des plus hautes distinctions un homme reste un homme. Cependant, il me paraît également peu probable qu’un homme si haut placé se jette sur la première venue ! Ce ne serait pas la première femme consentante à affirmer par la suite qu’elle ne l’était pas… Cela ne signifie nullement que toutes les femmes se comportent de la sorte et qu’il faille les stigmatiser, cela signifie qu’avant de divulguer un soi-disant scandale sur la place publique, les autorités feraient mieux de tourner sept fois leur langue dans leur bouche (et le journalistes avec : combien de scoops ont anéanti des personnes ?). Ma conclusion est la suivante : même si t’es un bandit, DSK, la justice, cette cupide hypocrite, est – généralement – plus pourrie que toi : je suis avec toi, bonhomme.

Les montres de Carthagène

Cette histoire, rapportée par Paul Watzlawick, célèbre cofondateur de l’Ecole de Palo Alto offre une image intéressante en matière de rapport avec les autres :
« Un voyageur arriva dans la ville colombienne de Carthagène où la coutume était de tirer un coup de canon à partir de la forteresse tous les jours à midi ce qui permettait aux habitants de régler leur montre.

Or, ce voyageur remarqua que le coup de canon était tiré toujours une demi heure à l’avance. D’un naturel curieux, il demanda au commandant de la forteresse les raisons de cet écart.
Celui-ci lui confia que tous les matins, il envoyait un officier en ville pour régler sa montre sur celle d’une pendule réputée pour sa précision et qui était exposée dans la vitrine de l’horloger local.

Quand le voyageur voulut savoir d’où l’horloger tenait son heure « juste », celui-ci lui répondit fièrement qu’il réglait sa montre sur l’heure du coup de canon et que depuis bien des années il n’avait jamais constaté la moindre différence ! »

Cette anecdote croustillante n’est pas sans rappeler les rétroactions, objet d’étude la cybernétique, célèbre paradigme théorisé par Norbert Wiener. Elle nous montre qu’en matière d’information, nous calons souvent nos opinions sur celles des autres, qui, en retour, calquent leur opinion sur la nôtre : on tourne en rond, à l’instar des servomécanismes, vitaux en endrocrinologie pour l’homéostasie, ou régulation du milieu intérieur : plus on a soif, plus on boit ; en retour plus on boit on a soif, et la teneur en eau de l’organisme est ainsi maintenue constante. De même la glycémie ou la testostéronémie sont maintenues à une valeur de consigne par un rétrocontrôle. Ce concept se retrouve aussi avec les cellules de Renshaw, chargées de réguler l’activité des motoneurones. Le principe est d’ailleurs le même que celui du thermostat : afin de maintenir la température constante, le système doit comporter un effecteur et un appareil de mesure (en l’occurrence un thermomètre) : plus il fait chaud, plus le système abaisse la température ; plus il tend à faire froid, plus le système chauffe.
Plus généralement, l’entrée conditionne la sortie, selon la théorie informatique garbage in, garbage out (des déchets à l’entrée, des déchets à la sortie). Il n’est pas étonnant qu’il existe un lien entre informatique et psychologie, pour la simple raison que l’informatique est la science de l’information, or notre cerveau est une machine biologique traitant de l’information. C’est pourquoi la recherche en intelligence artificielle tend à simuler informatiquement notre cerveau par des réseaux neuronaux, tel que le perceptron.

Notre cerveau est un ordinateur

Si vous pendez que le grand manitou nous a doté d’un organe fabuleux, vous faites fausse route. Certes, le cerveau est fabuleux : par sa propriété d’auto-référence (conscience de soi), il est la chose la plus complexe dans l’Univers. Pour autant, les neurones sont des portes (bio)logiques permettant le traitement des signaux électriques (car en vertu de l’équation de Nernst, toutes les cellules sont électrisées en raison d’une assymétrie de composition ionique entre leur intérieur et leur extérieur). Je vous suggère fortement de jeter un coup d’oeil à ce lien, expliquant en images le principe des portes logiques (ce ne sont ni plus ni moins que des interrupteurs munis d’une table de vérité : si deux interrupteurs sont en dérivation et que l’un est fermé, le signal passe ; si deux interrupteurs sont en série et que l’un est fermé, le signal ne passe pas.) En dernier ressort, notre intelligence fonctionne sur le principe de l’algèbre de Boole… Les synapses sont les zones de connexion entre neurones où se produisent les opérations logiques. Noter toutefois que les astrocytes sont des cellules gliales qui pourraient également jouer un rôle dans la pensée.

L’analogie cerveau/noix. 

La ressemblance entre notre cerveau et les cerneaux de noix est flagrante. Nous savons aujourd’hui qu’elle s’explique par les fractals, structures géométriques dont le but est de tenir dans un espace restreint (boîte crânienne ou coque) tout en maximisant la surface d’échange (sang, lymphe/neurones – sève/parenchyme). Le réseau liquidien est d’ailleurs visible en surface des cerneaux : ce sont de petits vaisseaux brunâtres, correspondant au polygone de Willis chez nous (cercle artériel du cerveau).

Les cerneaux de noix, légèrement oblongues, sont en fait les cotylédons dont la structure est identique aux deux hémisphères cérébraux : on y reconnaît les gyrus, ou circonvolutions (ensemble de replis sinueux), délimités par des sillons.

Cerveau humain : le bulbe rachidien et le cervelet (en arrière) dépassent.

Ce cerneau de noix est comparable à un hémisphère cérébral. Au centre on reconnaît le hile, enserrant un pédicule où convergent les vaisseaux nutritifs.

Les deux cerneaux sont séparés, de mêmes que le cerveau droit et le cerveau gauche sont reliés par cinq commissures (les plus notables étant la commissure habénulaire, le corps calleux, et le fornix)

Sur cette photo de noix en développement, on reconnaît au centre l'analogue d'un ventricule cérébral (espace de circulation du liquide cérébrospinal).

Je ne sais pas si Dieu a créé l’Homme à son image, en revanche Il nous a créé à l’image des noix ! S’Il existe…

Une histoire de goûts…

C’est une histoire de goûts que je vais vous conter. Une histoire extrêmement simplifiée, car la biologie du goût est très très très très compliquée (voilà, c’est dit), au sens où elle fait intervenir des centaines de récepteurs au nom imbuvable. Ainsi donc, comment goûtons-nous ?

Les papilles gustatives

Comme chacun sait, les aliments régalent nos papilles. Sauf que c’est faux… Les papilles sont des excroissances de la langue ; il en existe quatre types :

– les papilles circumvallées, formant le V lingual (au fond de la langue)

– les papilles fongiformes, sur le devant de la langue

– les papilles filiformes, un peu partout sur la langue

– les papilles coralliformes, situées sur les bords de la langue

Or les papilles ne perçoivent que cinq goûts élémentaires : le sucré, le salé, l’acide, l’amer… et l’umami.

Le cinquième goût

L’umami est bien le cinquième goût ! Difficile de dire quel goût ça a, puisqu’il s’agit d’un goût élémentaire ; cependant umami signifie savoureux en japonais : on retrouve l’umami dans le poisson, les crustacés, les viandes séchées, les légumes « goûteux » (chou, tomates séchées), ou encore la sauce soja. L’umami correspond à la présence d’acide glutamique et de nucléotides (précurseurs de l’ADN), de même que le salé traduit la présence de chlorure de sodium (sel !) et le sucré les sucres (fructose, glucose, saccharose, galactose, lactose, mannose, maltose, sorbitol, mannitol, xylitol – les trois derniers étant des polyols ou sucres-alcool) ou les dérivés sucrés (aspartame, acésulfame K, rébaudioside, stévioside – les deux derniers donnent leur pouvoir sucrant à la Stevia) !

Pseudo-chaleur

On peut être en chaleur sans bouillonner d’amour : n’avez-vous jamais exagéré sur la sauce piquante ? En vis-à-vis de cette aptitude à cracher du feu, la menthe provoque une incroyable sensation de fraîcheur. Mais au juste, pourquoi le piquant réchauffe et la menthe refroidit ? D’autant plus que cela n’a rien à voir avec la température : les bonbons à la menthe sont à température ambiante, et le thé chaud à la menthe refroidit également…

La fraîcheur buccale n’a rien à voir avec la température, si paradoxal que cela puisse paraître. La menthe contient du menthol, et c’est ce menthol (ou ses analogues comme le cubébol) qui, en se fixant sur le récepteur TRPM8 font frissonner…

De même, la capsaïcine du piment, la pipérine du poivre, et les glucosinolates de la moutarde activent le récepteur TRPV1, responsable de la sensation de chaleur qui accompagne l’irritation.

Astringence

Un peu de gastronomie moléculaire… Ceux d’entre vous qui ont déjà goûté un kaki pas assez mûr le savent : la bouche devient toute sèche. Certains vins, certains thés (en raison de l’acide gallique), ou encore les myrtilles provoquent la sensation spectaculaire d’astringence : la langue, et les joues deviennent râpeuses, comme extrêmement sèches. Ce phénomène est dû à la présence de tanins dans les aliments. Les tannins réagissent avec les protéines de la salive, en particulier l’enzyme amylase : il y a formation d’un complexe protéines-tanins déséchant la bouche. Mine de rien, le jour où ça vous arrivera, vous ferez moins les malins, étant donnée le côté étrange du ressenti astringent.

On goûte par le nez

Quitte à ce que le ciel vous tombe sur la tête, sachez qu’on ne goûte pas que la bouche, mais surtout par le nez. Quid de l’odorat dans le goût ? En fait, les personnes sujettes aux angines savent qu’elles se transforment souvent en rhinopharyngites : on a souvent affaire à une infection généralisée de la sphère ORL. Car la bouche et le nez communiquent largement (d’où le fait qu’on puisse avaler sa morve et cracher du sang lors d’un épistaxis). L’oropharynx est ouvert au rhinopharynx ! Ainsi, lorsqu’on a l’impression de goûter, on hume l’aliment par un processus appelé rétro-olfaction : l’odeur remonte par l’arrière du palais jusqu’au nez (épithélium olfactif), et on croit ressentir un goût.

Deux voies d'entrée pour l'air ! En cas de gros rhume, on ne goûte plus aussi bien ; d'ailleurs les goûteurs de vin enrhumés prennent congé, car cela demande de différencier des saveurs assez proches.

Il se trouve que le « véritable » goût des aliments (le délicieux brownie, le succulent tiramisu, le petit parfum de livèche…), ainsi que leur arrière-goût (c’est le cas de le dire !) ne sont pas perçus par la langue, mais par le nez ! Il n’existe que cinq goûts (activant des récepteurs gustatifs particuliers), le reste – tout ce qui fait la diversité extrême des goûts – est dû aux flaveurs, ensemble d’arômes et senteurs cheminant jusqu’au nez.

Voilà donc : il n’existe pas quatre goûts élémentaires mais cinq, et on ne goûte pas vraiment par la bouche mais plutôt par le nez. Ce rôle prépondérant de l’olfaction est pour le moins troublant, je ne vous le fais pas dire ! Mais cette réalité, de même que la fausse fraîcheur du menthol, a le mérite philosophique de remettre les choses à leur place : comme dit Morpheus dans Matrix, « le monde est une prison qui n’a ni espoir, ni saveur, ni odeur« . La réalité est surtout l’image que nous nous en faisons… En croyant goûter, nous sniffons sans nous en rendre compte. Au final, le goût n’est qu’une sensation dénuée de réalité propre. La preuve…

Les dents goûtent aussi !

Comment un bout d’ivoire – pardon, d’hydroxyapatite – pourrait-il goûter quoi que ce soit ? En fait, les dents ne goûtent pas à proprement parler, car elles ne sont pas dotées de récepteurs chimiques ; en revanche elles participent à la perception du goût en transmettant des signaux électriques au cerveau. C’est notamment pourquoi avec l’âge (perte des dents), en plus de la dégénérescence des papilles, s’installe une égeusie (ou perte du goût) partielle. On a remarqué que les patients aux dents dévitalisées ressentaient passagèrement moins le goût, en raison de l’anesthésie naturelle provoquée au niveau de la pulpe dentaire.

Du coup, selon qu’on fume, se brûlons souvent, sommes plus ou moins édentés, et avons un vécu différent, vous et moi ne goûtons probablement pas pareil. Si l’on peut s’accorder sur les goûts – si raffinés soient-ils – c’est qu’ils correspondent à la teneur chimique de l’aliment. L’accord a pourtant ses limites : tout le monde ne perçoit pas le délicieux goût des choux de Bruxelles, de même que l’épinard n’a pas la côte auprès des enfants ! D’autre part, les mots ont leurs limites : vous et moi savons quel goût a le chocolat, mais il est impossible de le décrire précisément. Le chocolat a un goût de chocolat ! Sage conclusion.

Et vous : avez-vous déjà perçu l’umami ? Quelle idée vous en faites-vous ? Témoignez-le en commentaires !

Relations sexuelles avec un poulet et autres déboires

Au gré de mes pérégrinations sur le net, je suis tombé sur un forum rapportant le suicide d’une personne qui venait d’avoir des relations sexuelles avec une poule et qui ne l’aurait pas supporté !

« Se farcir la poule »

Sur Doctissimo, site médical renommé, un homme se plaint d’un mal assez particulier : il a mené une partie de jambes en l’air avec une poule (façon de parler), et sa copine le prend mal. Plus précisément, il aurait « eu du sexe » avec une poule : ce monsieur n’a-t-il pas le français comme langue maternelle ? Car il vient d’inventer une expression : avoir du sexe.
Un participant – à la discussion – lui propose comme traitement d’inviter sa copine au poulailler, et de prendre le coq pour ne pas faire de jaloux. Excellente idée… si le coq avait un phallus ! Il n’y a pas d’intromission chez Gallus gallus domesticus, mais frottement de cloaques lors de la copulation, contrairement au canard dont le pénis repose dans un sac appelé proctodeum. Sur un autre site, un internaute remarque que « les coqs n’ont pas de mains, car les poules n’ont pas de seins ».

A ma grande stupeur, je découvre ensuite que certains hommes (après une soirée bien arrosée ?) mèneraient, je cite, des « tournois de poules » (et différents de ceux du tennis de table…) Ils doivent vouloir dire – en français campagnard ? – une tournante, et avec quelle broche… Tout ce que j’ai à leur conseiller, c’est de bien choisir leur partenaire (pas enceinte de préférence) : un bout de coquille, ça peut faire mal !

Et cela ne finit jamais : un homme se demande si en raison de l’anatomie des poules, il faudrait préférer la levrette pour les emmener au septième ciel. Les femmes seraient également tentées : sur auféminin, l’une d’elles voudrait sentir sa « grosse crête molle et rouge » devinez où…

Mieux encore – sauf pour la malheureuse qui a dû passer un sacré bon moment aux urgences – Yahoo rapporte une histoire étonnante : une demoiselle se serait faite fourrer le vagin par son copain avec un œuf dur et cherche un moyen de le retirer (à l’aspirateur, lui répond un internaute). Et un autre de préciser : « les œufs sont les suppositoires de la chatte ».

Que signifie vagina en latin ? Fourreau ! Il n’empêche que certains rivalisent d’ingéniosité…

Le vagin et les œufs : naturellement riches en élastine

Le vagin, mais aussi les œufs doivent leur extensibilité à leur teneur accrue en élastine, protéine structurale. Avec l’âge, l’élastine laisse place au collagène ; ce processus est à l’origine des vergetures. Pour ne pas rester sur sa faim (de sexe), parlons science : comment rentrer un œuf… dans une bouteille ? En jouant sur la dépression créée par la combustion de l’oxygène de l’air !

Réflexions sur la réalité

Le goût est-il réel ? Dans l’optique de le savoir, je continue mon article sur le goût, en y établissant un parallèle avec la réalité des sens.

En fait, le goût est la perception que nous nous en faisons. De même le jaune est différent du rouge, mais dans l’absolu le jaune n’est pas plus jaune que rouge ! Ultimement, les données sensorielles ne sont qu’un signal électrique relayé par un nerf, c’est-à-dire une onde codée en FM (modulation de fréquence), tout comme la radio… Le rouge ou le jaune sont les représentations que s’en fait notre cerveau. Il paraît d’ailleurs que le summum de la spiritualité est pour un aveugle de percevoir les couleurs… sans yeux fonctionnels !

Toujours est-il que le goût et les odeurs résultent de l’interprétation de signaux électriques par le cerveau. En définitive, le piment n’est pas plus piquant que la chantilly, le piment contient seulement de la capsaïcine ! Il se trouve d’ailleurs que le cerveau perçoit les goûts et les odeurs dans la même région, située à la base du crâne. Pour cette raison, goûts et odeurs sont mêlés : on peut s’imaginer le goût du chausson moisi sans jamais y avoir goûté, de même que le goût des excréments est plus ou moins prévisible à l’odeur ! Pour changer, disons qu’en se rappelant l’odeur de la madeleine de Proust, on saisit le goût…

La réalité nous échappe

Car vous et moi, les yeux fermés, pouvons nous imaginer le rouge et le jaune. Vous voyez bien : les couleurs n’existent qu’au fond de nous. Plus généralement, seule la pensée existe (« je pense donc je suis » cartésien), la douleur du membre amputé nous rappelle combien les perceptions sont subjectives ; d’ailleurs il suffit d’implanter des électrodes dans le cerveau pour faire ressentir des éléments artificiels aussi vrais que nature.

Le paradoxe du cerveau en cuve

Reprenant l’idée du malin génie de Descartes, le paradoxe du cerveau en cuve stipule que si nous étions des cerveaux baignant en cuve, sur lesquels une intelligence supérieure ferait une expérience de neurostimulation, nous n’en aurions pas conscience… Ce que nous appelons la réalité ne serait alors qu’un train d’onde électrique piloté par un ordinateur divin ; et un jour (si vous voyez ce que je veux dire) l’ordinateur arrête de balancer ses signaux électriques… Game over.

Pour autant il n’y a pas de quoi devenir fou (la folie se définit comme un doute sur la réalité), car si nous n’étions que le fruit d’une expérience neurochirurgicale, nos chirurgiens – nos dieux, les extraterrestres (appelez-les comme vous voulez !) – seraient aussi des cerveaux en cuve. Du moins, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne le soient pas… dans une réalité encore supérieure à la leur ! Nous flirtons avec la notion de niveaux de réalité, explorée dans le principe holographique de l’univers.

La réalité est – en partie – telle que nous nous la faisons

Dans son livre L‘Univers est un hologramme, Michael Talbot relate une histoire avérée : lorsque Christophe Colomb s’approcha des côtes américaines, les Indiens, pourtant aux aguets, ne le remarquèrent pas. La raison serait que les Indiens n’ayant jamais vu de caravelles, les bateaux ne faisaient pas partie de leur réalité : dans le bleu du ciel, ils ne pouvaient s’imaginer un mât, alors ils ne l’ont pas vu (nous, aujourd’hui, pouvons nous imaginer des vaisseaux spatiaux, car pour notre civilisation c’est dans les limites du raisonnable technologique). Bien entendu, cette anecdote est à prendre des pincettes car on peut s’imaginer tout et n’importe quoi ; cependant elle montre qu’on peut avoir des œillères sur la réalité : s’imaginer une chose… est une chose, se persuader qu’elle est réelle en est une autre. Cette notion de clichés débouche sur le solipsisme, courant de pensée soutenant que la réalité existe dans notre esprit, et n’existe par conséquent pas en dehors de la conscience. Le solipsisme est en plein essor en raison des avancées de la physique quantique (cf chat de Schödinger).

Le point aveugle

En plein milieu de la rétine, passe le nerf optique. Ceci fait qu’il existe un large point noir au beau milieu de l’œil, ou plutôt un point ne contenant aucune cellule photosensible. Résultat des courses : on n’a pas l’impression d’être aveugle au centre de l’image, on n’a aucune impression particulière. Car voir noir, c’est déjà voir… Or le point aveugle ne contient pas de photorécepteur : comment pourrions-nous voir quoi que ce soit ? Au final, nous pensons avoir un champ de vision complet, car l’aire corticale de la vision (située dans le lobe occipital du cerveau, à l’arrière du crâne) reconstitue la réalité en trafiquant les signaux électriques.

Figurez-vous d’ailleurs que les yeux perçoivent les images à l’envers (car la cornée et le cristallin se comportent comme une lentille convergente). L’impression d’endroit provient du traitement des données par le cortex visuel. De même, les nerfs optiques se croisent au niveau du chiasma optique : le cerveau droit communique avec l’œil gauche, et vice-versa.
Aussi, la perspective axonométrique, vitale en architecture, nous montre à quel point le cerveau analyse les données pour s’en faire une idée : d’un dessin sur le papier, on s’imagine l’édifice en 3D. Chose étrange que la 3D d’ailleurs : la vision stéréo cohérente (impression de profondeur) nécessite deux yeux, or en fermant un œil, on voit tout aussi bien dans une portion restreinte de l’espace ! C’est la preuve que notre cerveau compare l’image d’un seul œil avec ce qu’il a l’habitude de voir pour en ressortir une image mentale convenable.

L'escalier de Penrose est un objet impossible : encore une fois, les sens nous trompent !

Fous d’amour

Gardez donc un chocolat délicieux en bouche (ou ne sais-je quoi d’autre), et demandez-vous si au fond ce que vous ressentez est réel. Laissez-moi vous souffler que ce qu’on ressent n’a pas de réalité propre (seulement une réalité pour nous), mais qu’à partir du moment où ces chocolats sont partagés, on a la certitude qu’une autre personne ressent (quasiment) la même chose que nous. Dans ce cas-là, on est tous fous, mais notre réalité est commune : elle est la Réalité. Maintenant, demandez-vous si ce que vous ressentez pour une autre personne est réel. Si on est le/la seul(e) à ressentir un étrange sentiment appelé amour et qu’on se persuade qu’il est réel (donc partagé), alors on est fou.

Pour autant, il existe des amours non réciproques. Mais tant qu’on n’a pas déclaré sa flamme, l’amour n’est pas véritablement réel : il n’existe qu’en nous, et nous pouvons nous aimer l’un-l’autre en l’ignorant mutuellement. Or il arrive des moments où nous avons le pouvoir de faire jaillir une réalité (qui n’est à la base qu’un fantasme), c’est-à-dire être en couple. Cette réalité naît de l’information, elle n’apparaît que si deux protagonistes sont mis au courant. En physique quantique, c’est le problème de la mesure : la mesure expérimentale fait jaillir une réalité qui, originellement, se trouve dans des états superposés (c’est-à-dire qu’en physique quantique une pièce dans une boîte se trouve dans deux états à la fois – pile et face – , c’est en soulevant le couvercle que l’état pile ou face se concrétise !).

La Réalité ne vaut que si elle partagée. Si les psychiatres étaient les seuls à y croire, alors ils seraient fous (voir ce qu’il advient du psychiatre de Sarah Connor dans Terminator !). Songez-y, et vous comprendrez pourquoi Robinson perd la boule sur son île. Je ne vous promets point le « vivre plus intensément » des harangues spirituelles ; seulement il est bon de suivre le chemin de ses rêves et ambitions, car la route n’est jamais tracée – c’est un enseignement collatéral de la physique quantique, qui fait couler beaucoup d’encre à propos des univers parallèles. En croyant dur comme fer qu’un élément se concrétisera, et en mettant tout en œuvre pour, on a le pouvoir de passer du monde des fantasmes à la Réalité. Car la Réalité n’est jamais que ce en quoi nous croyons tous, et pour qu’un désir l’en imprègne, les autres doivent croire en ce désir.  Ce n’est pas de la manipulation, mais un tour de force, une démonstration de talent. Si Bill Gates n’avait pas mis le paquet avec son premier logiciel, s’il n’avait pas fait en sorte que ses créanciers croient en lui, alors il ne serait pas où il est (sur son île privée !)…

Certes, la Réalité a une composante universelle : par exemple, le soleil est jaune, indépendamment de notre opinion. Or le réel est basé sur la science, et d’après la célèbre définition de Gaston Bachelard, le propre d’une science est d’être réfutable. Aussi, la physique quantique montre que l’observateur influe sur l’expérience. En résumé, le soleil n’est pas jaune… Tout ce qu’on peut en dire, c’est qu’il émet de la lumière visible, principalement dans les longueurs d’onde 565 à 590 nm. D’ailleurs, le soleil n’émet pas que dans le jaune : pour les abeilles qui voient les ultraviolets, les expériences ont montré qu’elles perçoivent le soleil en ultraviolet (une couleur que nous ne percevons pas : difficile de dire à quoi elle ressemble !) ; et pour les serpents, qui voient dans l’infrarouge, le soleil est infrarouge (de même, difficile de s’imaginer à quoi ça ressemble !). En résumé, au pays des abeilles, les psys internent les abeilles qui voient le soleil jaune, et au pays des serpents, les psys-serpents étiquettent comme fous les serpents qui verraient le soleil jaune.

Ce que nous pensons être du jaune n'est pas vraiment du jaune, mais l'interprétation que s'en fait notre cortex visuel : scientifiquement, il n'existe qu'une radiation chromatique dans une certaine bande de fréquence (les longueurs d'onde - λ - sont convertibles en fréquence par une relation toute simple : λ = c/f où f est ladite fréquence et c la vitesse de la lumière).

Faisons le calcul pour une lumière de 580 nm (en plein dans le jaune). Un nanomètre vaut un milliardième de mètre ; d’après la formule, f= c/λ, soit f=299 792 458 (vitesse de la lumière)/ 580*10(-9)=516 883*10(-9) Hz=5 16,8 THz. Le jaune s’approxime donc à 500 térahertz, soit bien plus que les micro-ondes et bien moins que les rayons UV. Pour comparaison, la radio FM émet entre 87,5 et 108 MHz : ce que nous appelons lumière n’est que la partie du large spectre électromagnétique à laquelle nos yeux sont sensibles ! Si pour nous les UV ne sont pas une couleur comme les autres, mais seulement une lumière bronzante invisible, c’en est une pour les abeilles qui voient UV…

Tout bon scientifique dans l’âme que je suis, le soleil n’est pas rigoureusement jaune : le soleil émet des ondes électromagnétiques majoritairement dans le domaine 565-590 nm, ce qui, pour l’œil humain, via son pigment sensible, la rhodopsine, correspond au jaune.

Spectre d'absorption du soleil, tel que découvert par Joseph von Fraunhofer en 1817. Les raies noires (dans ce qui est colorisé par le CNRS) portent le nom de raies de Fraunhofer. Elles sont à l'origine de la spectrométrie : leur étude permet de déduire quels éléments ont absorbé la lumière, et donc retrouver la composition chimique du soleil.

C’est toute la différence entre penser et savoir. En matière de Réalité, on ne peut faire confiance qu’à ce qui est dûment réfléchi (par les sciences, de préférence), car les sens nous trompent ; ce ne sont pas les illusions d’optique qui plaident en la défaveur :

Illusion d'optique, d'après un dessin de M.C. Escher.

Rassurez-vous cependant, en regardant le soleil, il a toujours été jaune pour moi ! Suis-je bête, je ne l’ai jamais regardé, et vous ? Faut-il ouvrir grand les yeux pour s’assurer de sa couleur ? Soyons plus sages qu’Icare, et ouvrons les yeux par la pensée : c’est la seule certitude qui vaille.

Tout ce que je sais dans la vie (à part lire, écrire, compter, foutre un bulletin dans l’urne, et analyser un spectre électromagnétique), c’est que la pensée – rationnelle – est d’une efficacité paradoxale : d’une part, elle permet de s’affranchir des carcans pour ne pas s’arrêter au monde des préjugés ; d’autre part elle est le pire ennemi des amoureux : qui n’est jamais passé à côté d’une occasion parce qu’il a trop réfléchi ?

Ce n’est jamais le moment idéal, on ne sera jamais vraiment prêt… Comme dit le groupe Facebook, « plaque-moi contre un mur et embrasse-moi comme dans les films » ! Une parole goût umami à méditer tout autant que les raies de Fraunhofer…

NB : ce coq à l’âne du goût à l’amour en passant par l’électromagnétisme est volontaire. En matière de réalité, il convient d’adopter un certain monisme et non de se cantonner à regarder son nombril 😀

Si le système reproducteur aviaire vous intéresse, sachez que les poules ne le font pas comme nous, mais par un orifice à tout faire appelé cloaque (la poule pond par le vagin).

Et vous : Plussoyez-vous – par exemple – qu’un objet retombe lorsque la composante verticale du vecteur-vitesse associé à son centre d’inertie est nulle, ou les choses vous semblent-elles ce qu’elles sont ? Témoignez-le en commentaires !

Les perles de Twitter

Quelques fins mots collectés sur Twitter (repassez de temps en temps : l’article est régulièrement mis à jour) :

Passionné des problèmes et surtout de leurs solutions…

Journaliste ici et surtout là

Ecrivain à succès (enfin, un jour)

Grand reporter de 193 cm

Agrégé de Lettres de Motivation

La durée de la batterie de mon iPhone est semblable à la durée avant l’éjaculation d’un précoce.

« C’est le pilote qui voit loin qui ne fera pas chavirer son pédalo. »

Super-héros la nuit, étudiante en journalisme le jour, je suis la fille de Clark Kent & Loïs Lane.

Il faut pondre le tweet tant qu’il est chaud

J’ai été condamné à perpétweeter.

Shakirologue

Française d’origines contrôlées

Journaliste reporter de mots [allusion aux journalistes reporters d’images !]

Ecouteuse de musique

Ces tweets n’engagent que moi, et vous un peu

Dresseur de puces savantes

Champ de force politique

J’en connaissais des bonnes, mais celle-là…

« C’est selon le champ de forces créé par le FN que s’orientent désormais toutes les particules de la vie politique. » (B. Mégret en 1991)

J’ajouterai même que les champs politiques dérivent d’un potentiel : les différences de potentiels, ou tensions entres militants, sont parfois électriques…

Ah ça oui, c’est de l’humour scientifique 😀

J-40 avant le transit de Vénus

Pour les habitants des îles du Pacifique qui me liraient (et pour les autres), le transit de Vénus aura lieu le matin du 6 juin, mais ne sera pas observable depuis la France métropolitaine (depuis la Polynésie française en revanche !). Il s’agit du passage de la planète Vénus exactement entre la Terre et le soleil. Or cet alignement est rarissime, plus encore que les éclipses de soleil ou la comète de Halley : le prochain transit sera en 2117 !

On se souvient du transit du 8 juin 2004, qui avait pu être observé depuis la France. En fait, les transits se produisent par paire (espacement de huit ans), puis il ne s’en produit pas pendant plus d’un siècle.

Munis de lunettes d’éclipse, un très beau spectacle en perspective pour ceux qui auront la chance de se trouver vers Tahiti !

Transit de Vénus de 2004

En savoir plus sur ce phénomène astronomique : Wikipédia.