En bon français, bordel se dit lupanar…

Notre civilisation est loin d’être la première à avoir un certain goût pour tout ce qui a attrait au sexe. Déjà dans l’Antiquité, Grecs et Romains s’adonnaient à de drôles de pratiques. Bien avant notre ère, ils avaient – comment dire – l’esprit ouvert. Bien plus qu’on ne peut l’imaginer…

A Athènes

Si le métier de prostituée est aussi vieux que le monde, les établissements de prostitution sont plus récents : ils apparaissent à Athènes. Solon (l’un des Sept Sages de la Grèce, 640 – 558 av. J.-C.) les inaugure sous le nom de dicterions, bordels étatiques tenus par les pornobosceions, et surveillés par des fonctionnaires. Ces maisons closes jouissent du privilège d’inviolabilité, d’abord établi dans les ports pour une clientèle de marins. C’est l’immunité diplomatique avant l’heure, et on ne peut que penser à l’affaire DSK…

C’est également à Athènes, au Lycée, que se développe l’école péripatéticienne, du nom des philosophes qui arpentent le trottoir à longueur de temps en cherchant entre autres l’origine du cosmos. De ces philosophes ambulants provient la dénomination de péripatéticienne, pour ces femmes qui ont imité les philosophes en s’adonnant à un art d’une nature assez différente…

A Rome

Basée sur le modèle grec, la capitale du monde antique compte de nombreux lieux de prostitutions, appelés non pas bordels, mais lupanars. En latin, prostituée se dit lupa (louve), car elles criaient la nuit pour appeler leurs clients, et la louve est évocatrice de la bestialité sexuelle. De là est issue le mot lupanar, synonyme soutenu de bordel.

Il se passe de drôles de choses dans les lupanars romains...

Une couronne de laurier et madame est à lui...

Les Romains sont moins sages qu'il n'y paraît dans les livres !

Et si l'oreiller avait été inventé pour surélever madame ?

L’homosexualité

L’homosexualité se développe en Grèce, mais seulement dans les hautes classes sociales, et ne concerne que les hommes. On l’appelle pédérastie, et elle consiste plus en une initiation pédagogique en qu’en un penchant sexuel. Explication…

La cité grecque est exclusivement masculine, la femme en est exclue, et marginalisée (sa place est au gynécée). C’est dans ce contexte, très axé sur l’enseignement des garçons, que l’homme plus âgé, en fait un jeune adulte de bonne famille, au maximum trente ans, est chargé de transmettre au plus jeune, un adolescent de douze à seize ans, toute sa vertu, toutes ses qualités. Une pédagogie au sens total du terme ! Il s’agit d’une duplication : l’adulte doit faire de l’autre son semblable.
Cette pratique, en Grèce, se nomme pédérastie, et non homosexualité, car en général les hommes, vers trente ans, se marient et ont des enfants. Chez les Grecs anciens, non seulement le mot homosexuel n’existe pas, mais il n’a pas d’équivalent. Le problème actuel d’orientation sexuelle ne se pose pas. On n’est pas soit homo, soit hétéro. On est d’abord un pédéraste passif, adolescent, puis pédéraste actif peu après, et enfin on se marie Il peut y avoir succession, mais un éraste peut en même temps que son éromène avoir une maîtresse. A la période classique (500 à 350 av. J.-C.), on verra apparaître une véritable bisexualité : un Grec dit normal aura alors une femme, mais aussi des maîtresses, des prostituées (des hétaires), et d’autre part pourra fréquenter un jeune homme…

Pour la plus brillante civilisation de l’Histoire, initiatrice de la démocratie, nous ayant transmis sa philosophie, sa science, les Grecs (anciens !) ont décidément les mœurs très libres, et semblent épanouis de la sorte.

Plus étonnant, la pédérastie comporte une étape initiatique : l’éraste doit enlever celui qui doit devenir son éromène ! Même si tout est préparé, ritualisé, l’enlèvement demeure. Cela se rapproche du rituel du mariage, car dans la société spartiate, par exemple, le mari doit officiellement enlever son épouse. Ensuite, toute une série d’épreuves attendent le jeune homme. Il y a le stage en brousse (dans le mythe, Apollon qui emmène Hyacinthe à la chasse) qui dure deux mois : l’éromène doit accompagner son éraste dans tous ses exploits, chasses, mais aussi guerres. Plus tard, avec le développement de la cité, les choses se civilisent, et les rituels pédérastiques, fêtes et cérémonies, se célèbrent juste en marge de la ville.

Pédérastes s'adonnant à quelque coquinerie... (amphore du VIè siècle av. J.-C.) Est-ce un sex toy antique que tient l'homme de droite, ou un tambourin ?

Puis, au début du VIè siècle av. J.-C., avec l’apparition des premiers gymnases, la pédérastie se rapproche du centre de la cité. Ces lieux voient la prolifération de couples d’amants qui s’entraînent ensemble. La naissance des palestres (gymnases) est sans doute à l’origine de l’extension et du dévoiement de l’homosexualité, par rapport aux critères originels : l’homosexualité s’étendit ainsi à toutes les classes, et fit son entrée aux lupanars. Les palestres devinrent des lieux de séduction et la prostitution masculine y apparut. C’est contre la perte du caractère sacré et initiatique de l’homosexualité que s’insurgeront, par la suite, les philosophes. Socrate, Platon, Xénophon, Aristote, loin de condamner l’homosexualité (elle faisait partie intégrante de leur culture), reprocheront aux adultes de s’intéresser plus aux corps qu’à l’âme des jeunes gens.

A Rome, l’homosexualité n’est pas considérée comme un vice, mais n’est pas coutume : on l’appelle amour à la grecque, et il est impensable de la retrouver dans les lupanars romains.

Enfin, le mot satyre nous vient des Grecs : c’est une créature mythologique dévergondée, formant le cortège qui accompagne Dionysos, Dieu du vin et de la fête. Le satyre est ce qu’on appellerait aujourd’hui est bon-vivant et se balade souvent en petite tenue…

Un satyre

Ces satyres-là sont ivres !

Le satyre participe aux fêtes de Dionysos, appelées orgies. Un mot qui ne nous est pas inconnu…

À propos de Alexandre Cohen

Etudiant en médecine et journaliste en herbe. Suivez-moi sur Twitter !

Publié le 17 avril 2012, dans Histoire, Sexe, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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