Archives Mensuelles: mai 2012

Dix espèces surprenantes découvertes en 2011

Chaque année, des centaines d’espèces vivantes sont encore découvertes (environ 7000 par an). La biologie en dénombre actuellement 8,7 millions, mais il en resterait des centaines de millions attendant un petit nom…

Tous les jours, 20 nouvelles espèces sont recensées !

Ce 27 mai 2012, l’International Institute for Species Exploration décerne le palmarès des espèces les plus surprenantes découvertes en 2011 :

Le singe sans nez

Découvert dans les hautes montagnes birmanes,le rhinopithèque de Stryker est un singe totalement dépourvu de nez !

Rhinopithecus stykeri (© Thomas Geissmann, Fauna & Flora International)

Le coquelicot jaune

Découvert au Népal en 2008 par une expédition de l’Université d’Aberdeen (Ecosse), il fallut trois ans pour s’assurer de sa véracité, étant donné le nombre d’espèces dans le genre Meconopsis, de la famille des papavéracées dont font partie les coquelicots.

Meconopsis autumnalis

Un air de film d’horreur…

Le ver nématode  a été déniché au fond d’une mine d’or, à 1,3 km de profondeur, en Afrique du Sud. Il s’agit de l’organisme multicellulaire vivant le plus profondément sous terre. Pourtant la pression régnant dans sol est considérable et la température (37 °C) est particulièrement élevée pour ce type d’animal. Rassurons-nous : les nématodes sont des parasites redoutables, mais étant donné son habitat, celui-ci ne fera de mal à personne !

Halicephalobus mephisto vit dans des conditions très inhospitalières pour un animal.

Belle de nuit

Il existe près de 25 000 espèces d’orchidées. Parmi celles-ci, Bulbophyllum nocturnum, découverte en Nouvelle Guinée, est la seule à fleurir de nuit.

Les fleurs de Bulbophyllum nocturnum s’ouvrent vers 22 heures et se ferment au petit matin.

Méduse bleue

Jolie mais empoisonnée ! La méduse bleue découverte en 2001 dut attendre dix ans pour être officiellement décrite. Tamoya ohboya tient son nom d’une compétition en ligne : « ohboya », proposé par un professeur de lycée, a été retenu en raison de la réaction qu’elle peut susciter : « Oh boy ! »

Elles nagent assez particulièrement pour des méduses ; les voir en vidéo : http://www.flickr.com/photos/tesserazoa/3511924667/

Tamoya ohboya (© Ned DeLoach)

Une guêpe peu sympathique

Si vous étiez une fourmi, vous l’haïrez ! Fort heureusement nous n’en sommes pas… La minuscule guêpe Kollasmosoma sentum parasite la fourmi Cataglyphis ibericus dépose ses

Kollasmosoma sentum fait partie des braconides.

Champignon éponge

Le champignon Spongiforma squarepantsii est un champignon spongiforme, à l’instar des morilles. Nommé d’après Bob L’éponge (SquarePants en version complète !), il n’en demeure pas moins tout-à-fait différents des morilles, qui ne sont pas aussi spongiformes que lui : ce champignon-là peut en effet être pressé et reprendre sa forme originelle. Il est surtout l’un des (relativement) rares champignons à faire partie de la famille des Boletaceae, regroupant de très beaux champignons tropicaux basidiomycètes.

Il habite l’île malaisienne de Bornéo.

Spongiforma squarepantsii

Mille-pattes géant

Il n’a pas mille pattes, mais presque ! Crurifarcimen vagans, de la famille des Pachybolidae, est originaire de Tanzanie, plus précisément des monts Usambara. Si le mille-pattes ne rivalise pas avec son cousin africain Archispirostreptus gigas (38 cm !), il n’en demeure pas moins un mille-pattes géant de 16 cm…

Crurifarcimen vagans

Cactus ambulant

Vous ne le croisez pas de sitôt, ni sous la douche si sous votre oreiller : Diania cactiformis est un animal ressemblant à un cactus… disparu il y a des centaines de millions d’années. Il faisait, mais fait encore – en quelque sorte – partie de la famille des Lobopodia, disparue il y a quelque 450 millions d’années. Le fossile retrouvé en Chine date du cambrien (520 millions d’années).

Diania cactiformis, tel qu’il est fossilisé, et tel qu’on l’imagine.

Sa découverte accrédite l’hypothèse selon laquelle les arthropodes (insectes, araignées, crustacés, scorpions…) descendent de membres du groupe Lobopodia. En effet, il ne reste aujourd’hui que les onychophores avec des lobopodes (ébauches de pattes).

Euperipatoides kanangrensis est un onychophore actuel.

Les onychophores seraient parmi les premiers animaux à être pourvus de pattes. Ce genre de bestioles sont probablement nos lointains ancêtres…

Les péripatidés sont l’une des deux familles de l’embranchement des onychophores.

Une tarentule (preque) bleue

Nommé en l’honneur du zoologiste Ivan Sazima, l’un des premiers à avoir étudié ces spécimens, Pterinopelma sazimai habite la forêt amazonienne, au Brésil en particulier. A peine découverte qu’elle serait menacée d’extinction…

Pterinopelma sazimai fait partie des Theraphosidae.

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Top 10 des espèces découvertes en 2011.

Les années précédentes furent découverts l’escargot fluo, le varan bleu, ou encore le crabe yéti. Chaque année a son inventaire prodigieux ! L’occasion de souligner l’importance de la biodiversité, beaucoup d’espèces étant endémiques (propres à une région restreinte)…

Varanus macraei, découvert en 2010.

Kiwa hirsuta a été découvert en 2005 dans les profondeurs du Pacifique. Il est pour l’heure le seul représentant des Kiwaidae.

Paryphantopsis Misimensis a été découvert en 2006 aux Louisiades, archipel au sud-est de la Nouvelle Guinée.

Une grosse rainette arboricole

Cette grosse rainette arboricole de la famille des hylidés a été découverte dans les forêts en basse altitude de la péninsule de Huon, en Nouvelle Guinée.

Litoria dux

Couscous aux yeux bleus

D’après la WWF, la Nouvelle Guinée abrite la plus grande biodiversité de marsupiaux arboricoles au monde. Parmi les 38 nouvelles espèces de marsupiaux découvertes récemment, voici le couscous aux yeux bleus, découvert en 2004 :

Spilocuscus wilsoni fait partie des phalangeriformes.

Un poisson arc-en-ciel

Chilatherina Alleni

Un dauphin à aileron retroussé

Les scientifiques, lorsqu’ils l’on découvert, pensaient que le dauphin à aileron retroussé faisait partie de l’espèce des dauphins d’Irrawaddy. Cependant, en 2005, ils se sont rendu compte qu’il s’agissait  de deux espèces différentes. C’est la première découverte d’une nouvelle espèce de dauphin en trente ans.

Orcaella Heinsohni

Un requin d’eau douce

Glyphis garricki a été découvert en 2008 en Papouasie-Nouvelle Guinée. C’est la sixième espèce du genre Glyphis. Le plus gros spécimen de Glyphis Garricki découvert par les scientifiques mesurait 2s5 mètres de long, mais il n’a été aperçu qu’à seize reprises depuis sa découverte, ce qui lui a valu une place sur la liste rouge de l’IUCN.

Glyphis garricki

Delias durai

Melipotes carolae

Chrysiptera cymatilis

Si vous vous demandez comment de telles créatures peuvent passer inaperçues, sachez que sept milliards d’êtres humains n’ont pas encore eu raison de milliards d’espèces ! Si, grâce aux satellites, la Terre est entièrement connue, elle reste en revanche largement inexplorée, en particulier la Nouvelle Guinée et l’Antarctique. Le sixième continent, cependant, n’est exploré que par des expéditions scientifiques lourdement équipées, comme on l’imagine aisément. En 2010, la NASA, dans le cadre de son programme en exobiologie (recherche de la vie dans des milieux hostiles afin d’étudier son apparition sur d’autres planètes) a mis la main sur une crevette vivant à 200 mètres sous la glace antarctique !

En février 2012, une crevette géante fut également découverte dans la fosse des Kermadec, au nord de la nouvelle Zélande :

Nouvelle crevette, non encore baptisée.

La voici sous son plus beau jour !

En savoir plus sur les crevettes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crevette

Crevettes de la famille des Palaemonidae

Fascinantes crevettes, non ? Celles-ci font partie des Palaemonidae.

Le Parisien fait rire…

« Vu sur la page Facebook Le Parisien 75 – Paris<<< Cliquez pour devenir fan
Un jeune homme est décédé, ce samedi après-midi, après s’être fait tirer dessus en pleine rue » dixit le journal en avant-première, si on ose dire !

Il n’y a donc aucune trêve à la publicité…

Bels hommes

Dans la série Beaux corps, à voir dans la rubrique photos

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Quand les robots nous feront l’amour – et le reste

Croque-chenille

De l’histoire d’une française tombée sur une chenille dans son hamburger à McDonald’s (Wasquehal, Nord), je retiens une chose : les ingrédients sont frais ! Cela vaut mieux de tomber sur une chenille que sur E467, E981 ou du dimethylglioxhyomachintructriphosphate, non ?….

Beaux corps féminins – 26 mai

Dans la série Beaux corps

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Jolies filles

Sublimes photos d’Eric Matheron Balay glanées au fil du net :

Une affaire de morale chocolatée

Aujourd’hui, j’ai fait une chose mal ! Je n’ai point commis de pêché, mais tout de même… J’ai mangé la dernière mousse au chocolat, au lieu de la laisser à ma sœur ! Le truc, c’est qu’elle ne savait pas qu’il n’en restait qu’une, alors pour me consoler (comme j’ai un grand cœur !), je me suis dit ceci : ne t’en fais pas, elle n’est pas malheureuse puisqu’elle n’en sait rien ! J’allais engager une profonde réflexion : un SDF fouinant en forêt à la recherche de scarabées frais n’est pas si malheureux : il a (presque) tout ce qui lui faut, en comparaison du SDF passant devant une vitrine alléchante de pâtisserie…

Plus généralement, la connaissance rend envieux ! On imagine ces filles et ces garçons magnifiques nous attendant quelque part sur Terre… Mais on ne les désire pas tant que ça : ils sont indéfinis, ils n’existent que dans la masse des êtres humains tant qu’on ne les connaît pas ! Pas les stars, mais les beautés lambda, qui n’ont pas de nom pour l’heure, mais qui pourraient devenir nos partenaires, pour peu que le chemin croise le nôtre. Comme dirait Verlaine, ce rêve étrange et familier…

De même, on n’envie pas le dernier iPad quand on a vécu à la campagne toute sa vie avec un baladeur-cassettes : l’environnement urbain (les affiches), la télévision, créent un besoin (artificiel ?) en nous faisant découvrir quelque chose qu’on n’a pas… et qu’on ne savait pas exister jusque là, du moins pas sous cette forme (l’iPad dans sa dernière version, pas la vieillerie d’il y a deux ans…).

Le désir sous-tend la connaissance (ou l’inverse) : vous avez envie de ce gâteau-là (une religieuse, un éclair, un millefeuille…), de cette fille-là, de ce garçon-là… Le désir se fixe un objet, une cible, une target en bon français ! On ne sera jamais envieux d’un gâteau pourtant délicieux si on n’en a n’a pas eu vent parce qu’il n’existe qu’au bout du monde…

Eux, leur cible, il faut croire qu’ils se la sont fixée !

C’est alors que la morale entre en scène : me rappelant mes cours de philo de Terminale, j’ai les airs d’un monstre, d’après Kant ! En mangeant une mousse au chocolat et en justifiant ce que je sais pertinemment être mal, je déroge aux impératifs moraux kantiens. En substance, Kant affirme (voir un bref cours de philosophie : lien), qu’il n’y a pas de prétexte à mal agir : le chauffard qui poursuit sa route en passant auprès d’un blessé peut trouver toutes les excuses du monde ; une voix au fond de lui murmure « porte-lui assistance ». L’idée n’est pas de s’appesantir sur la parabole du Bon Samaritain, mais de pas réfléchir à la morale, qui est sacrée.

Si un Homme tombe à l’eau et qu’on ne sait pas nager, il nous incombe de tout faire pour l’aider. Commencer par appeler les secours, puis se débrouiller avec n’importe quel moyen (une bouée pour enfant !) pour l’aider. S’il n’y a vraiment aucun moyen de se débrouiller, il est inutile de se jeter à l’eau pour se noyer aussitôt, mais s’il y a une lueur d’espoir, grâce à une bouée d’enfant traînant sur la plage, tout doit être tenté ! Ne pas le faire alors qu’on en a eu l’idée serait un manquement à la morale. Pire encore, se justifier trahit la conscience de sa faute : un homme irréprochable n’a pas besoin de répéter sans cesse qu’il tient à sa femme et qu’il n’a pas de maîtresse…

Virer du bleu au rouge… sexuellement !

Il n’y a pas trente six-moyens de virer du bleu ou rouge : en politique… ou en chimie. Mais il n’y a pas que les précipités qui changent de couleur ! Côté pharmacologie, la grenade remplacerait astucieusement le Viagra (voir Le sexe est-il une maladie).

Selon une étude de l’Université Queen Margaret d’Édimbourg, le jus tiré de ce fruit déjà réputé pour ses vertus sur la santé, serait un aphrodisiaque naturel. Pour les filles comme pour les garçons !

La grenade, baptisée pomegranate en anglais, est un fruit miracle ; ce n’est pas nouveau. Des études ont en effet montré qu’elle aidait à lutter contre différents cancers. Bourrée d’antioxydants et de sels minéraux, elle permet aussi de prévenir les maladies cardiaques, la maladie d’Alzeihmer, d’améliorer la circulation sanguine ou de soulager l’arthrose.

Selon le site du Dailymail, boire un verre de jus de grenade la journée en vue d’une soirée coquine permettrait de faire grimper le taux de testostérone, une hormone qui contrôle la libido des hommes comme des femmes et qui a tendance à diminuer avec l’âge.

Les chercheurs ont testé 58 volontaires entre 21 et 64 ans. A la fin de l’essai, les sujets des deux sexes ont vu leur taux de testostérone augmenter de 16 à 30 %, tandis que leur pression artérielle a baissé significativement. Les cobayes ont en outre affirmé être de meilleure humeur et moins stressés.

Chez l’homme, la testostérone joue un rôle-clé dans la santé et le bien-être, en particulier dans le fonctionnement sexuel. Outre ses effets sur la libido, elle accroît l’énergie, augmente la production de cellules sanguines et protège contre l’ostéoporose. Les femmes, même si elles en produisent une cinquantaine de fois moins que leurs congénères masculins, sont d’un point de vue comportemental plus sensibles à cette hormone, selon les scientifiques.

La grenade figure même dans la Bible où elle passe pour l’un des sept fruits les plus importants qui étaient une bénédiction pour la Terre Promise d’Israël. Elle est également mentionnée à plusieurs reprises dans le Coran, par exemple Le Miséricordieux, Allah énonce (sourate 55, verset 68) : « Dans les deux, il y aura des fruits, des palmiers et des grenadiers » !

Alors la grenade, nouvel aphrodisiaque explosif ? Au lieu de prendre du Viagra, testez le jus de grenade, 100% naturel, de surcroît succulent et excellent pour la santé !

Un verre de jus de grenade… et ça repart ? La grenade est utilisée en médecine pour diverses affections depuis l’Antiquité…

Source : http://www.mirror.co.uk/news/technology-science/science/is-pomegranate-juice-the-new-viagra-study-817875

Je n’ai malheureusement pas réussi à mettre la main sur le mécanisme rehaussant le taux de testostérone circulant ! Je vous le ferai savoir si jamais… L’isolement de certains composés pourrait permettre le développement de nouveaux médicaments dans le traitement du manque de désir sexuel.

C’est le moment idéal pour faire l’amour (paraît-il)…

L’Homme a la curieuse particularité d’être l’un des rares animaux à être sexuellement opérationnel toute l’année : comprendre par là qu’été comme hiver, qu’il pleuve, neige, fasse soleil, grêle ou vente, le désir ne s’en ressent pas moins (sans doute les nids douillets que sont les maisons y sont-elles pour quelque chose !). Il n’empêche que les études – mais on s’en doute un peu – montrent que le début du printemps (avril-mai) est favorable au désir féminin. Comme d’habitude, ce genre d’études est moins conduite auprès des hommes, dont on imagine (à tort ?) qu’un texto du style « passe chez moi, je t’attends » suffit… Il faut dire les femmes sont sujettes au phénomène de chaleurs, nom assez évocateur lorsque les insectes butinent à nouveau !

Quand les beaux jours reviennent…

En 1989, Philippe Besnard s’est intéressé aux « effets de la ronde annuelle des saisons sur la vie des Français, sur leurs comportements, leurs habitudes, leurs humeurs et leurs désirs », sujet selon lui trop peu étudié et mal connu des sociologues. Dans un ouvrage dédié à l’étude des Mœurs et humeurs des Français au fil des saisonsil passait alors en revue un certain nombre de phénomènes humains et sociaux portant en eux l’empreinte du rythme des saisons et cherchait à en proposer quelques pistes explicatives. Parmi les différents thèmes développés, l’auteur posait son regard sur « la [fameuse !] saison des amours », tentant d’expliquer la répartition saisonnière des naissances en France.

Sur Enfants.com, on peut lire : « Si les pics de naissances ont toujours existé, ils ont changé et se sont déplacés au fil des siècles, influencés plus par des facteurs sociologiques et historiques que par des paramètres climatiques. C’est que nous révèle une étude* de l’INED, l’Institut national des études démographiques. »

Longtemps, cela fut un fait : les naissances étaient plus fréquentes en hiver. Un savant calcul – devinez lequel – laisse à penser que la belle saison est plus propices aux amours. Mais « belle saison » signifie printemps, pas été : en été, il fait trop chaud (il faut s’économiser)… Et en hiver, trop froid ; il faut garder ses réserves pour lutter contre le frimas hivernal !

Désormais, la contraception biaise ce genre d’études basées sur la date de conception. D’autant que le climat n’est pas le seul facteur entrant en ligne de compte : dans un pays de tradition chrétienne comme la France, la religion avait son mot à dire, les rapports sexuels étant proscrits pendant le Carême et l’Avent (j’ai failli écrire entre : ça aurait fait un peu long…).

Or cette saisonnalité s’amenuise : aux oubliettes les préceptes religieux, les mœurs actuelles rejetant tous les carcans… D’autre part, la plupart des Français prennent leurs vacances en juillet et août, et avec l’avènement des congés payés il y eut un pic de naissances au printemps dû aux retrouvailles estivales. D’autres facteurs sociologiques, comme le cumul des congés maternités et des vacances d’été interviennent ; il n’en empêche que les saisons jouent un rôle naturel dans le désir sexuel…

En phase avec les saisons et les heures 

On a tendance à se sentir aussi disponible (pour n’importe quoi) le matin que le soir. Encore que tout le monde a déjà expérimenté le « coup de barre », et qu’une sieste estivale après le déjeuner ne se refuse pas (voir les villages de Provence, volets fermés, en été…)

Au cours de la journée, les paramètres physico-chimiques de notre corps fluctuent énormément : c’est ce qu’on appelle le rythme circadien. Il se retrouve chez tous les animaux, chez les plantes (redressement des feuilles et ouverture/fermeture des pétales selon l’heure), et même chez les champignons et certaines bactéries. Dans la mesure où l’alternance jour-nuit est commune à toutes les peuplades (sauf polaires), toutes les cultures ont une horloge biologique à peu près semblable :

Rythme circadien de l’Homme : cette horloge biologique est calée sur l’alternance jour/nuit.

Le système parasympathique, ensemble de rameaux nerveux autonomes logés dans la moelle épinière, est responsable de l’éjaculation. Par conséquent, il est également à l’origine de la flaccidité du pénis après l’orgasme, et chez la femme régule l’érection clitoridienne et la sécheresse vaginale (une suractivité parasympathique peut être la cause d’un moindre désir sexuel, voire mener à des « pannes », voir Le sexe est-il une maladie ?). Or le système parasympathique est davantage actif la nuit, qui n’est donc pas le meilleur moment pour des relations sexuelles d’envergure – si on ose dire – tout au moins prolongées. Bien entendu, il n’y a pas de contre-indication à faire l’amour la nuit (en pleine nuit entendons) ; chacun est libre de faire ce que bon lui semble, d’autant que l’activité parasympathique n’est pas nécessairement prépondérante dans le plaisir ressenti. Si le sport nocturne en chambre devenait une habitude, il ne ferait qu’amoindrir (plus ou moins) la qualité des rapports sexuels (sensation/durée). Cela dit, les choses sont bien faites : tout le monde, ou presque, dort la nuit !

Quant à ces fêtards qui copuleraient au beau milieu de la nuit, le système parasympathique ne se met en pleine route que durant le sommeil : restant éveillé, à la lumière artificielle qui plus est, on peut dire que les relations sexuelles ne sont pas moins intenses qu’à d’autres moments !

Menstruations et désir

Le terme « menstruation » provient du latin mensins : le mois. La périodicité reproductive féminine se réfère aux cycles lunaires, de même durée : 28 jours environ. Si cela semble être une coïncidence, le synonyme « règles » n’en est pas une : une femme réglée (convenablement) a un mode de vie sain, c’est-à-dire une alternance régulière veille/sommeil.

La survenue des règles peut donc être perturbée par les troubles du sommeil, et par là-même l’activité reproductive et le plaisir sexuel. L’équilibre hormonal doit en effet beaucoup à l’alternance entre le nuit et le jour. La sécrétion des hormones varie beaucoup selon le temps ; en particulier la mélatonine et le cortisol sont incriminées dans le rythme biologique.

Or les menstruations ont une implication sur la « santé sexuelle » (si l’on peut dire), un dérèglement hormonal (littéralement) influant parfois sur le désir féminin. Le célèbre psychiatre Krafft-Ebing s’est intéressé à l’aversion sexuelle dès 1886 (pas que cela soit nécessairement une maladie, mais cela peut le devenir). Il ne donne pas de définition mais s’y réfère comme étant des « impedimenta » psychiques, « aversion, dégoût » qui feront que « la sensation de volupté semble rester le plus souvent absente ».

Il est clair que le temps – qui passe ou qu’il fait – influe sur les hormones, or les hormones influent sur le désir sexuel. Par transitivité, le temps influe sur le désir sexuel… Mais cela, on le sait ! Quoi de plus typique que l’amour à la plage ?

Alerte à Malibu totalise en 1996 1,1 milliards de téléspectateurs par semaine ! Un sixième de la population mondiale serait-elle accro aux formes généreuses des sauveteuses et aux pectoraux des sauveteurs ?

Deux hormones-clé

Chez les deux sexes, la mélatonine est une hormone sécrétée par la glande pinéale, non loin de l’hypothalamus, dont une zone, en particulier, s’appelle noyau suprachiasmatique : c’est là que siège notre horloge interne, en plus du thermostat veillant au maintien de la température corporelle.

La mélatonine se retrouve chez tous les mammifères, et même chez diverses algues et plantes : les bananes en sont riches, ainsi que le riz et l’ananas, dans une moindre mesure. C’est une hormone primordiale, où sens où elle régule la sécrétion de la plupart des hormones (c’est une superhormone, en quelque sorte). Elle contrôle entres autres, et indirectement, l’appétit et la glycémie, mais surtout le sommeil.

La mélatonine est synthétisée à partir de la sérotonine, molécule également cruciale dans le psychisme, dérivant elle-même du tryptophane (voir un article évoquant les bienfaits et vertus aphrodisiaques du chocolat).

Un antidépresseur léger utilisé dans le traitement de l’asthénie et des dépressions saisonnières, l’agomélatine, agit d’ailleurs sur les récepteurs à la mélatonine, ainsi que sur ceux à la sérotonine 5-HT2C. Le médicament synchronise le rythme circadien, de même qu’un analogue synthétique de la mélatonine, le rameltéon.

Plusieurs études tendent à prouver que la mélatonine augmenterait la libido masculine, via antagonisme des récepteurs à la sérotonine 5-HT2A. La mélatonine est également un antioxydant, donc anti-vieillissement, au rôle préventif dans ces certains cancers (c’est démontré) : que de bonnes raisons de manger des bananes !

Le cortisol, quant à lui, est tout particulièrement incriminé dans la sensation de stress… Or stress et sexualité ne font pas bon ménage ; comme c’est souvent le cas biologiquement, il y a intrication entre fatigue, stress et désir.

L’étude du rythme circadien, ou nycthéméral quand il désigne l’alternance jour/nuit, est l’objet de la chronobiologie, étude des phénomènes temporels influant sur les êtres vivant (il existe des rythmes plus courts, tel l’infradien et l’ultradien). Le travail de nuit occasionne généralement des troubles du nycthémère, se répercutant sur la santé (stress, fatigue, humeur, douleurs, prise de poids…), donc susceptibles d’induire un manque d’engouement sexuel.

Mais aussi, le rythme biologique est largement influencé par les saisons : il serait abusif de dire que le corps tourne au ralenti en hiver (on n’hiberne pas !), mais nous sommes plus dynamiques à la belle saison (fréquence cardiaques plus rapide) que dans le nuit hivernale, en particulier sur le plan sexuel… Quand les papillons s’accouplent, le corps humain, bouillonnant, est au maximum de ses capacités pour en faire de même !

Papillon sur ce qui ressemble à buddleia, mais qui n’en est pas !

Stop à la morosité !

En ce temps de récession, Sylvain Mimoun, auteur de l’Antiguide de la sexualité et qui s’est exprimé pour Le Parisien, est le premier à être étonné par le défaitisme sexuel :

« faire l’amour, lorsque ça va mal, permet de fabriquer des endorphines et de se changer les idées ».

Comme ce spécialiste le suggère, il s’agit de bien choisir ses sujets de conversation et d’éviter de parler de tous les malheurs du monde avant de passer aux petits câlins

Le temps ensoleillé est justement des plus propices aux divagations les moins catholiques…

Printemps=soleil(=sexe ?)

Les bienfaits de la lumière sur le psychisme ne sont plus à démontrer. La luminothérapie est même utilisée dans le traitement des dépressions. Si le spleen n’est pas l’apanage de nos latitudes sujettes à l’hiver, il est en revanche plus rare dans les contrées plus ensoleillées. Toute la question est de savoir si la lumière incite au passage à l’acte sexuel, mais il semble bien que oui !

Why don’t you love me, Jenny ? Extrait du film Forest Gump.

Toujours est-il qu’à l’inverse de la plupart des femelles animales, la femme est en chaleur – c’est le terme consacré, à moins qu’on ne préfère parler d’œstrus – pendant une partie bien précise de son cycle, mais disponible sexuellement (quasiment !) tout le temps, de même que l’homme…

La différence réside en ce que l’homme, est moins assujetti aux variations temporelles : sa sexualité n’est carrément pas emprunte d’une dimension temporelle, au sens où il n’ovule pas, et hop, deux semaines plus tard, écoulement de sang. La spermatogenèse se faisant en continu, le mâle de notre (charmante) espèce n’a aucun repère temporel inné : c’est à la culture de lui en inculquer, ou à la femme qu’incombe cette tâche épineuse. Concrètement, cela se traduit pas « pas ce soir… », signifiant que les femmes sont affectées physiologiquement par les règles (douleurs, fatigue, bouffées de chaleur, bouleversement hormonal), tandis que l’homme est théoriquement aussi ready (comme on dit en bon français) le 1er du mois que le 28 ! D’aucuns n’admettront que l’homme a aussi ses limites physiologiques et qu’il n’est pas une bête de sexe comme on voudrait bien le croire… D’autant que la femme peut jouir plusieurs fois d’affilée, alors que l’homme a une période orgasmique dite réfractaire : il doit attendre un certain temps, parfois long, entre deux éjaculations.

Le terme de « chaleur » n’est pas un hasard : l’activité reproductive est calquée sur les saisons. Même si on a tendance à les dissocier dorénavant, l’activité sexuelle, plus précisément le désir sexuel, est étroitement lié à l’activité reproductive, puisque régulée par des hormones (d’où la possibilité de castration chimique qui atténue les penchants érotiques).

Concernant le plaisir sexuel optimal – si tant est qu’il faille se poser systématiquement la question – de précédentes études scientifiques évoquaient 7h30 du matin, heure à laquelle le corps se trouverait dans les meilleures dispositions, tant chez la femme que chez l’homme (taux maximal de testostérone, d’où la vigueur des érections matinales). Une étude récemment parue dans le Women’s Health Magazine démontrerait cependant que les femmes en ont le plus envie le samedi soir vers 23h00. Qui dit jour précis, dit influence socioculturelle… A bon entendeur, salut !