Souvenirs d’enfance

Si on se souvient généralement du prénom de son amoureux/se de maternelle, et qu’on a plusieurs souvenirs de l’école maternelle (3 à 6 ans environ), qu’en est-il de la mémoire durant la petite enfance ? Outre le fait que la mémoire nécessite le développement de structures cérébrales telles l’hippocampe (on ne peut pas se souvenir de notre naissance !), on a tendance à oublier avec l’âge : ainsi, peut-on se rappeler de nos deux ans ? Slate consacre un article au sujet, et explique combien la mémoire est plus développée entre 2 et 3 ans qu’on ne le pense : à lire ici. Pour ma part, j’ai ce souvenir à 2 ans et huit mois (32 mois à peu près) de mes grands-parents m’offrant des oeufs en chocolat au centre commercial de Pincevent (que je cite car il s’agit d’un site archéologique de Seine-et Marne !) Mais aussi je les revois me donner des Pim’s probablement encore avant… Je suis décidément porté nourriture, me direz-vous ! Pas spécialement, et j’ignore pourquoi ces souvenirs, et non d’autres, restent mes plus anciens. Une chose est sûre : à cet âge-là, on ne vit que dans le présent, et il est difficile a posteriori des raisons qui font que s’on rappelle tel moment plutôt qu’un autre. Pour autant, Slate explique que la mémoire des enfants avant 3 ans est ahurissante, mais un enfant se rappelle durablement d’un souvenir très ancien préférentiellement si ce souvenir est marquant (dans l’article il est question de l’évocation d’une machine à rétrécir !). Attention néanmoins : en matière de souvenir, on a tendance à les compléter, surtout si ceux-ci sont anciens. Par exemple je me vois danser avec mes parents durant une fête du 14 juillet dans un certain parc ; cependant, j’accole a posteriori le nom du parc que j’ignorais à l’époque, ainsi que la date (à trois ans on n’a pas conscience de la fête nationale !). Probablement que ce souvenir m’a marqué car c’était mon premier feu d’artifice (même si j’en avais vu un le 14 juillet de mes 2 ans, il est impossible de s’en souvenir !). D’autre part, les faux souvenirs sont bien réels, c’est prouvé, notamment à l’occasion de l’effondrement de la deuxième tour jumelle que tout le monde est persuadé d’avoir vu s’effondrer en direct alors que la télévision a reçu les images avec beaucoup de retard. Il est très intéressant de connaître les processus cognitifs à l’origine de la mémoire chez le tout petit, notamment car notre vie ne commence pas, pour nous, à la naissance, mais dès les premiers souvenirs : quelle différence entre 1900 et notre première année ? La question est désormais de savoir si nous vivons pleinement avec une conscience immédiate, ou si pour savourer pleinement un instant on doit s’en souvenir. A moins que ce ne soit l’inverse : pour se souvenir, il faut avoir savouré l’instant…

À propos de Alexandre Cohen

Etudiant en médecine et journaliste en herbe. Suivez-moi sur Twitter !

Publié le 1 mai 2012, dans Psychologie, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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